Cours supplémentaires - les chiffres qui font sursauter

Le samedi 7 août 2004.

Selon un article paru dans le journal « Tuôi Tre » ( La Jeunesse) du 14 juillet 2004,

Tels sont les chiffres annoncés par l’équipe de recherche de l’Université de Pédagogie de Hô Chi Minh-Ville au bilan de la 1ère étape de l’étude « Les phénomènes négatifs concernant les cours supplémentaires et l’évaluation de l’efficacité des mesures de gestion face à ces phénomènes à Hô Chi Minh-Ville », le 13 juillet au Service des Sciences et des Technologies de Hô Chi Minh-Ville.

2384 élèves de la 4e à la 12e classe et venant de 38 établissements, du primaire au lycée, de 14 arrondissements de HCMV, ont répondu aux différents sondages.

44,2% confirment que les cours supplémentaires consistent en des cours d’approfondissement des contenus déjà acquis en classe et en des cours de compréhension et de pratique plus détaillé.

Or, les 86,9% des enfants que les parents inscrivent aux cours supplémentaires ont de bons niveaux scolaires.

Ainsi, on peut conclure que les cours supplémentaires deviennent trop répandus à HCMV. Les élèves sont pris dans « le courant de ce phénomène ».

D’après l’étude, près de 53,1% de parents d’élèves dépensent de 100.000 à 1 million de dôngs/mois (voire 3 millions/mois) [1] pour les cours supplémentaires avec comme premier objectif : préparer aux examens de fin d’étude et aux concours d’entrée à l’université.

La plupart des élèves de collège et de lycée, même ceux qui ne sont pas encore en fin de cycle, suivent des cours supplémentaires de maths, littérature, physique, chimie et de langue étrangère.

Toutefois, la plupart des parents d’élèves pensent qu’il faut des cours supplémentaires pour les élèves faibles et en fin de cycle et qu’il ne faut pas les généraliser.

Ainsi, si les enseignants assuraient la qualité des cours en classe, les élèves ayant le niveau moyen ou plus n’auraient pas à suivre de cours supplémentaires. Les parents autorisent les enfants à suivre ces cours supplémentaires afin de réussir les concours mais reconnaissent également que leurs enfants n’ont plus assez de temps pour faire les devoirs et que ces cours ont une influence négative sur la santé et l’esprit des enfants.

Car, à côté des cours supplémentaires d’une intensité importante (54,3% d’élèves dépensent de 6-15h/semaine pour ces cours), les enfants doivent aussi faire les devoirs et n’ont plus de temps pour le repos et les loisirs.

Quant aux enseignants, d’après l’équipe de recherche, ils préfèrent que les élèves suivent les cours supplémentaires dans l’objectif de renforcer les connaissances et ainsi d’assurer les bons résultats de la classe et de l’école qui sont considérés pour établir les critères d’évaluation des enseignants.

Les exigences au niveau des critères d’appréciation, les méthodes d’examens et d’évaluations actuelles exercent une certaine pression sur les directions des écoles et les enseignants.

Par ailleurs, les revenus des enseignants restent « faibles » par rapport au niveau de vie. Les cours supplémentaires deviennent donc, pour les enseignants, un moyen très adéquat pour améliorer leur niveau de vie.

La raison des cours supplémentaires

D’après une étude faite auprès de 205 enseignants et fonctionnaires de l’éducation :

Quant à l’évaluation des connaissances obligatoires dans le programme,

Ainsi, ils concluent que les instructions du gouvernement et les instructions interministérielles, ainsi que celles du ministère de l’éducation, du service de l’éducation de HCMV portant sur le renforcement de la gestion des cours supplémentaires « ne sont que des mesures provisoires qui ne règlent pas le fond du problème » (45,4%) et « ont un aspect purement juridique sans valeur d’application réelle » (27,8%).

Le Dr. Nguyen Thi Quy - Responsable de l’étude - confirme qu’il faut une répartition rationnelle des connaissances dans le programme pour faciliter l’apprentissage de l’enfant et que c’est le meilleur moyen pour diminuer les cours supplémentaires.

Il faut également éviter les sujets d’examen trop difficiles et les pressions des résultats sur les enseignants qui pourraient les pousser à encourager la participation à suivre des cours supplémentaires.

Le travail d’information et de propagande des écoles « élites » et « de qualité » crée une situation de concurrence chez les parents en les incitant à participer à une course afin de mettre à tout prix leur enfant dans les meilleures écoles.

Il est donc important d’améliorer la politique salariale des enseignants, de les rendre conscient de la nécessité de l’objectivité et de l’honnêteté dans l’évaluation et le classement des élèves...

Néanmoins, la plupart des enseignants pensent que « les cours supplémentaires sont considérés comme une liberté propre à chacun, et qu’il ne faut pas les interdire ».

[1] 1 million de dôngs équivaut approximativement à 53 euros ou à 64 dollars US au taux actuel. Le salaire minimum tourne officiellement aux alentours de 300.000 dôngs/mois. Pour des cadres moyens, le salaire varie de 800.000 à 1.200.000 de dôngs/mois. Ce salaire doit être supplémenté par de nombreux moyens pour qu’une famille type (père, mère et deux enfants) puissent joindre les deux bouts. Une importante réforme salariale pour les employés de l’Etat vietnamien est d’ailleurs en cours.


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