Entretien du ministre de l’éducation Nguyen Minh Hien avec les médias

Le mercredi 4 décembre 2002.

Journalistes : Les manuels de 1e et de 6e, malgré les changements, présentent de nombreuses lacunes. Quelles seront les démarches appliquées à l’élaboration des manuels de 2e et de 7e ?

Ministre : Comme je l’ai présenté à l’AN, nous voyons clairement nos lacunes et avons décidé de remédier à ces erreurs car les manuels doivent respecter les normes et ne pas accepter les erreurs. Les critiques du public nous forcent à travailler plus sérieusement, à organiser de plus larges sondages et des démarches plus strictes. Plus le nombre de personnes participant au sondage et à la validation augmente, plus l’élaboration des manuels, pour une utilisation de longue durée des élèves, est juste et correcte.

J : Les responsables des précédentes erreurs participeront-ils à l’élaboration de nouveaux manuels ?

M : Un rapport des sanctions appliquées à ces auteurs a été présenté devant l’AN. Nous avons adressé les critiques à ces derniers qui en ont tiré des expériences. Le souhait du Ministère est de monter une bonne équipe qui travaille ensemble pour l’ ?uvre commune.

J : La qualité moyenne de l’éducation est-elle due à la qualité des enseignants ?

M : Autrefois, les écoles supérieures de pédagogies n’intéressaient pas les étudiants. Nombreux étaient ceux qui avaient échoué à d’autres concours. Ceci explique le niveau très limité des étudiants à l’entrée aux écoles supérieures de pédagogie. Cette génération d’étudiants est maintenant celle des enseignants. Cela influence, bien évidemment, à la qualité de la formation.

Pour faire face à cela, il faut un moyen pour que chaque étudiant soit pénétré de l’esprit de renouveau ; ceci doit se manifester même dans les cursus universitaires. Les étudiants sortant pourront donc démarrer immédiatement les cours sans besoin de formation continue. Pour atteindre cet objectif, les écoles supérieures de pédagogie doivent y contribuer davantage.

J : Un des problèmes de l’éducation du Vietnam est de "courir après les résultats". D’après les sondages, seul 30% d’élèves, de quelques provinces, atteignent le niveau moyen, mais le taux de réussite de fin d’études est tout de même 90%...

M : Le taux de réussite s’élève parfois à 99% ; c’est une réalité qui demande d’être régularisée dans l’avenir proche. Mais je comprends tout à fait les responsables de l’éducation de ces provinces. Un taux de réussite trop bas leur attire des critiques. Même le public fait parfois pression. Tout cela rend difficile l’envie d’organiser les concours plus sérieusement. J’espère que le public partage mieux les difficultés de l’éducation. Récemment, quelques universités ont renvoyé les étudiants qui ne sont pas en mesures de poursuivre les études. Le public trouve cette solution trop dure car ces étudiants perdent, du jour au lendemain, 3 ou 4 années d’études. A ce sujet, nous allons en tirer les expériences dans les limites, mais en général, nous avons besoins de votre soutien. Si nous pensons à augmenter le niveau des étudiants à l’entrée des universités, il ne faut pas négliger l’exigence de leur niveau pendant le cursus et à la sortie.

J : Quelles seront donc les solutions pour ne pas "rétrécir" l’entrée à l’université, minimiser les pressions et les coûts des concours ?

M : A long terme, nous allons associer le concours d’entrée aux examens de fin d’études. La meilleure chose est de les organiser en même temps pour baisser les pressions et les coûts. Il faut ajuster les examens de fin d’études : plus sérieux et plus justes pour qu’ils reflètent le vrai niveau des élèves. Mais, il n’est pas nécessaire de rendre trop difficiles ces examens qui ne servent qu’à évaluer, reconnaître un certain niveau des élèves. Après, les élèves pourront se présenter aux concours d’entrée à l’université, aux écoles professionnelles ou participer à la vie active.

J : Plusieurs problèmes de l’éducation du Vietnam ne sont toujours pas réglés, car les responsables de la branche n’acceptent pas de se mettre ensemble et vous ne trouvez pas de voix commune ?

M : Ce n’est pas tout à fait cela. C’est vrai qu’il existe pas mal de questions sur lesquelles nous n’arrivons pas à nous mettre d’accord. Les responsables de l’éducation sont nombreux et très dévoués à l’oeuvre de l’éducation. Or, chacun a sa personnalité et ses points de vue. Cela rend parfois bien difficiles les discussions. Nous avons présenté une critique devant l’AN. Dans un premier temps, nous essaierons de regrouper les professeurs, les scientifiques, les personnes dévouées et expérimentées, d’anéantir les conflits, les malentendus pour se mettre ensemble. Je crois que les problèmes seront réglés.


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